Musée spiritain des arts africains


 
 
 

Maison Saint-Joseph d'Allex

L’idée du musée Spiritain des Arts Africains est née de la rencontre entre Nicolas Rolland et la Congrégation du St-Esprit. Sa traduction architecturale a été confiée à l’agence NeM (Lucie Niney et Thibault Marca), qui font appel à Gernay Architecte (Pierre-Emmanuel Gernay) pour concevoir et réaliser ensemble l’espace du musée. En plus de l’intérêt de NeM pour les collaborations, les deux agences partagent le goût des matériaux peu transformés appliqués à une composition formelle simple.
La collection d’art africain de la Congrégation du Saint-Esprit reste assez méconnue. Ce sentiment de découverte d’une collection très peu exposée jusqu’à ce jour donne la direction architecturale du musée. L’opération a la triple ambition de:
- favoriser des rencontres et des échanges d’idées autour des thèmes des expositions,
- présenter et partager la collection avec le public,
- conserver et préserver les œuvres.

Séquence

S’insérant au rez-de-chaussée d’un bâtiment existant, le plan proposé répond de manière assez littérale à ces objectifs, les disposant les un à la suite des autres dans un cheminement en enfilade, du plus ouvert au plus sacré.
La première séquence correspond à une salle multifonction largement ouverte sur le parvis et le parc au Sud, qui a vocation à accueillir un panel d’activités satellites au musée. La capacité d’accueil de la salle initiale étant satisfaisante, il a été décidé de conserver au maximum l’existant, concentrant l’intervention sur le confort thermique.
Viennent ensuite l’accueil et la salle de projection, qui permettent d’introduire le musée et de faire tampon entre un espace dédié aux hommes et un espace dédié aux œuvres.
Enfin, la salle d’exposition et la réserve occupent un seul espace aux murs épais, éclairé de quelques hautes fenêtres doubles en plein cintre et aux vitrages sablés qui soulignent le caractère sacré du lieu. Le musée est aménagé sous le sanctuaire et le clocher existant, dont les charges reposent sur de larges poteaux de béton qui naissent dans l’espace d’exposition. Ces poteaux deviennent des totems qui témoignent de la présence de l’édifice religieux au-dessus.

Atmosphère

Depuis la petite porte d’entrée, la collection s’embrasse d’un regard, proposant ainsi des rapports croisés entre les œuvres. La scénographie propose une superposition et un développement croissant de niches en argile qui évoquent l’empilement, le stockage, la classification: une allégorie spatiale de l’acte de collectionner.
Le parquet de pin maritime sur lambourde blanchi et les enduits clairs renvoient avec douceur la lumière diffuse, mettant en scène dans une atmosphère poudrée la découverte d’une collection jusqu’ici confidentielle. Les œuvres se détachent sur ce fond blanc, posées dans les niches et protégées par des plaques de verre dont les reflets accrochent l’œil.
Le plafond supporte les gaines nécessaires au maintien d’une température et d’une hygrométrie propice à la conservation idéale des œuvres, ainsi que les luminaires qui suivent un calepinage strict. L’ensemble, disparaissant dans une pénombre épaisse, brouille les limites de l’espace et rappelle les environnements bien tempérés des magasins industriels du XXe siècle, participant à la sensation de pénétrer dans une réserve.

Circulation

A mesure que l’on s’avance librement, les proportions des vitrines incitent progressivement le visiteur à expérimenter physiquement un regard changeant sur les œuvres, se penchant sur elles d’abord, jusqu’à en être lui-même enveloppé. Les blocs d’argile se développent jusqu’à remplir complètement la salle: à la limite de la réserve, les vitrines hautes confinent l’espace, réduisent les profondeurs de champ et atténuent l’ambiance acoustique, proposant une relation plus intime aux œuvres les plus sacrées. Au fond de l’exposition se devine la réserve, visible, mais inaccessible au public.
La disposition des vitrines comme une suite numérique très stricte (5-4-3-2-1) permet à la fois d’écraser la perception de profondeur depuis l’entrée pour appuyer cette vision d’un ensemble et, paradoxalement, de mettre à disposition une scénographie souple et non-déterminée offrant de nombreuses combinaisons de relations d’œuvres à œuvres. Des vitrines mobiles viennent compléter le dispositif pour définir des cheminements au besoin.

Équipe

Architecte associé : Gernay Architecte
Commissariat scientifique : Nicolas Rolland
BET fluides : Nicolas Ingénierie

Taravel : maçonnerie gros-oeuvre
JLV Aluminium : menuiseries aluminium et acier
Marguerite Construction écologique : menuiserie bois
Bergeron & Pitot : isolation cloisons doublages peintures
Contact : électricité
Accair : CVC

Fiche technique

Lieu : 26400 Allex
Maître d’ouvrage : Congrégation du Saint Esprit
Livraison : 2018
Shon : 350 m²
Budget : 550 000 € HT